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Le projet « développement durable », filière bâtiment, en Déodatie Vert’Batim 2010 – 2013

 

Le projet national porté par 33 Maisons de l’Emploi en lien avec l’ADEME et ALLIANCE VILLE EMPLOI

Responsable de plus de 42,5 % de la consommation d’énergie finale de la France et de près de 28 % des émissions de gaz à effet de serre (GES), le bâtiment est le plus gros consommateur d’énergie parmi l’ensemble des secteurs économiques.

Le grenelle de l’environnement impose que tous les bâtiments construits à partir de 2012 répondent aux normes BBC, et aux normes des habitations passives en 2020. Le Grenelle stipule également l’amélioration de la performance énergétique par rénovation de l’ensemble du parc immobilier français à horizon 2050.

Ces objectifs et évolutions réglementaires représentent une opportunité pour la filière bâtiment (avec développement de marchés et d’emploi « non délocalisables »). Ils imposent une évolution forte des métiers (formation et adaptation des compétences des actifs en poste) et des manières de travailler (meilleures coopération entre acteurs de la filière).

L’ADEME mène depuis plusieurs années différents travaux d’étude sur les conséquences du changement climatique sur l’emploi : pour relayer ces études par un travail d’animation en cohérence avec l’échelle territoriale où ils sont menés, un partenariat a été mis en place avec Alliance Ville Emploi, le réseau des Maisons de l’Emploi (MDE), et dans le cadre d’un programme « développement durable » mis en œuvre en 2009 par le ministère de l’écologie (voir encart sur le rapport de la filière bâtiment). Les MDE sont en effet, sur leurs territoires d’intervention, les acteurs en charge de l’animation des partenaires de l’emploi et de la formation, et elles ont pour mission de conduire des travaux de diagnostic, d’observation, d’anticipation et de développement de l’emploi.


En 2008 et 2009, une première expérimentation du projet a été conduite sur 3 territoires : Lille, Nancy et Bayonne. En 2010, le projet a été étendu à 30 nouvelles Maisons de l’Emploi, dont pour la Lorraine les MDE de la Meuse et MDE de la Déodatie, et pour l’Alsace la MDE de Saverne.


Chaque projet comporte :

  • Une première année d’études et de partage des constats, qui vise à élaborer un plan d’action pluriannuel partagé, et réunit sur chaque territoire une quarantaine de participants : structures en charge de l’emploi et de la formation, les chambres consulaires, les branches professionnelles, les services de l’Etat concernés, et autres acteurs identifiés selon les territoires.
  • Deux années de mise en œuvre des actions ainsi élaborées et de pilotage des résultats obtenus

Les principaux objectifs :

  • Permettre une accélération des anticipations de l’ensemble des acteurs de la filière
  • Conduire dans chaque territoire un diagnostic sur les opportunités et les freins en relation avec la mise en œuvre du Grenelle, à partir duquel élaborer et conduire des plans d’actions territoriaux
  • Affiner au niveau territorial les compétences et les qualifications requises pour occuper les emplois de la filière bâtiment induits par le Grenelle, et faire en sorte que ces emplois soient pourvus, autant que faire se peut, par des personnes sans emploi ou dont les emplois sont menacés.

 

Les éléments clefs de l’Etude CERC pour la Déodatie *

1) Contexte :

Réduction de la taille moyenne des ménages (décohabitation), phénomène présent dans les Vosges, ayant un impact direct sur les besoins en logement.

33 730 maisons et 19 270 appartements sur le territoire du Pays de la Déodatie, dont 69% construits avant 1975 (67% en Lorraine) et 34% avant 1945 : potentiel de résidences principales ayant des besoins d‘entretien-rénovation.

2) Entreprises

Environ 700 entreprises du secteur bâtiment.

259 millions d’euros de CA en 2009, dont 36,4 millions (14%) sur les marchés PEQE (performance énergétique et qualité environnementale)

  • 82 millions en construction neuve (10 millions en PEQE) : les normes BBC en 2012 devraient faire progresser ce chiffre (22 labellisations BBC en 2009 et début 2010 en Déodatie)
  • 177 millions en entretien-amélioration (26 millions en PEQE)

Baisse du CA global en 2009 pour la première fois depuis 2000 (surface des locaux commencés en forte baisse depuis 2006, notamment -63% entre 2008 et 2009), mais hausse constante du CA PEQE depuis 2006 (la part la plus importante des chantiers PEQE concerne les travaux d’enveloppe, devant l’aménagement intérieur et les équipements techniques).

3) Emploi

2573 actifs, dont 1693 salariés représentant 8,2% des salariés en Déodatie :

  • 360 ETP  sur les marchés de la PEQE (102 pour la construction neuve et 258 pour la rénovation énergétique), dont 184 pour l’isolation.

Sur-représentation des métiers de menuisier, électricien, chauffagiste et charpentiers par rapport à la Lorraine. Proportions de maçons, peintres et plâtriers plus faible qu’en Lorraine.

494 demandeurs d’emploi issus de la construction inscrits à pôle emploi au 31 aout 2010, et 643 recherchant un métier dans le BTP (28% moins de 25 ans, 85% qualifiés et 37% chômeurs de longue durée).

4) Formation

334 jeunes en formation initiale en 2009 (192 en apprentissage en CFA et 142 en formation initiale)

108 stagiaires dans les entreprises de moins de salariés en 2010 (3064 heures, 164 000 €), en majorité dans les entreprises d’équipements thermiques et climatisation.

186 stagiaires dans les entreprises de plus de 10 salariés en 2009 (5644 heures, 116 000 €), aux deux tiers pour les entreprises de gros œuvre et électricité bâtiment.

4 contrats de professionnalisation en 2009 (2 maçons gros œuvre, 1 charpente bois, 1 pombier chauffagiste).

127 formation FEEBAT dans les Vosges de début 2008 à avril 2010 (51% module 1, 49% module 2).


5) Perspectives 2014 :

Montant total des travaux de rénovation énergétique du parc déodatien estimé à 1,486 milliards d’euros. (à noter que Terranergie, dans le cadre d’une autre étude prospective pour le Plan Climat Territorial, est parvenu à un montant très voisin, 1,666 milliards d’euros, en se basant sur une rénovation à facteur 4 pour tout les bâtiments et à facteur 5 pour le logement, soit 42 milliards par an en se basant sur une rénovation du parc à l’horizon 2050).

Part de chiffre d’affaire PEQE en 2014 estimé à 24% du CA total (14% en 2009), soit 62 millions d’euros.

94% des entreprises interrogées souhaitent développer une ou plusieurs compétences (17% sur les marchés liés à l’isolation par l’extérieur : pour rappel, sur les 71 entreprises rencontrées par le chargé de mission MDE, 25% ont émis la même attente).

615 ETP PEQE à l’horizon 2014, soit une augmentation de 255 ETP : la filière qui présente le plus fort enjeu de développement est l’isolation par l’extérieur.

1/3 des entreprises souhaitent développer leur activité par une approche globale des travaux de rénovation.

*159 entreprises du bâtiment du bassin déodatien contactées par téléphone (133 entreprises avec salarié(s) et 26 artisans seuls)

 

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